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06/01/2010

Construction de Z à partir de N

 


En supposant connues les propriétés élémentaires de l'ensemble $ {mbox{bf N}}$ et de l'addition des entiers naturels, nous allons donner une construction rigoureuse de $ {mbox{bf Z}}$ et de l'addition des entiers relatifs. Dans cette construction, $ {mbox{bf Z}}$ apparaîtra sous forme d'un quotient de $ {mbox{bf N}}times{mbox{bf N}}$ par une relation d'équivalence. Ce paragraphe est aussi l'occasion de rappeler les notions de relation d'équivalence et d'ensemble quotient, notions centrales pour le reste du cours.

Définition Soit $ X$ un ensemble. Une relation sur $ X$ est un ensemble $ Rsubset Xtimes X$ de couples d'éléments de $ X$. On écrit $ x R x'$ au lieu de $ (x,x')in R$. Une relation$ R$ est une relation d'équivalence si elle est

a)
réflexive (i.e. pour tout $ xin X$, on a $ x R x$)
b)
symétrique (i.e. on a équivalence entre $ x R x'$ et $ x' R x$ quels que soient $ x,x'in X$)
c)
transitive (i.e. les conditions $ x R x'$ et $ x' R x''$ impliquent que $ x R x''$ quels que soient $ x,x',x''in X$)

 

 

Exemples 1 [1)] Soit $ V$ l'ensemble des villes de France. On définit une relation $ R$ sur $ V$ en déclarant que $ v R v'$ signifie que $ v$ et $ v'$ se trouvent dans la même région. Il est facile de vérifier qu'il s'agit d'une relation d'équivalence.

[2)] Soit $ X={mbox{bf N}}times {mbox{bf N}}$ et définissons $ R$ par

 

$displaystyle (x,y) R (x',y') Leftrightarrow x+y'= y+x'. $

 

Par exemple, on a $ (0,1) R (1,2)$ et $ (1,2) R (2,3)$. La réflexivité et la symétrie de $ R$ résultent de la commutativité de l'addition des entiers positifs. Montrons que $ R$ est transitive. En effet, par définition, les conditions $ (x,y) R (x',y')$ et $ (x',y') R (x'',y'')$ équivalent aux équations 
$displaystyle x+y'$ $displaystyle =$ $displaystyle y + x'$
$displaystyle x' + y''$ $displaystyle =$ $displaystyle y' + x''$

En rajoutant la première à la seconde on obtient

 

$displaystyle x+y'+x'+y'' = y+x'+y'+x'' $

 

ou encore

 

$displaystyle x+y''+(x'+y') = x'' + y + (x'+y'). $

 

Or on sait que la loi d'addition sur $ {mbox{bf N}}$ est régulière c'est-à-dire qu'une égalité $ a+c=b+c$ implique $ a=b$ quels que soient $ a,b,cin{mbox{bf N}}$. Il s'ensuit que$ x+y''=x''+y$ c'est-à-dire que $ (x,y) R (x'',y'')$. Notons que dans cette démonstration, nous avons utilisé l'associativité, la commutativité et la régularité des entiers naturels.

 

Définition Soit $ X$ un ensemble et $ R$ une relation d'équivalence sur $ X$. Pour $ xin X$, on pose

 

$displaystyle ^Roverline {x} = { x'in X ;vert ; x R x' ; } subset X $

 

et on appelle classe d'équivalence de $ x$ par rapport à $ R$ cette partie de $ X$. Par définition, l'ensemble $ X/R$ est formé des classes   $ ^Roverline {x}$ d'éléments $ xin X$. On appelle$ X/R$ le quotient de $ X$ par la relation d'équivalence $ R$. On définit l'application quotient (=la projection canonique$ q : X rightarrow X/R$ par $ q(x)=$ $ ^Roverline {x}$. Une partie de $ X$est un système de représentants pour $ R$ si elle contient un élément de chaque classe d'équivalence et un seul.

 

 

Exemples 2 [1)] Dans l'exemple des villes de France (voir ci-dessus) la classe d'équivalence d'une ville $ v$ est formée de toutes les villes qui se trouvent dans la même région que $ v$. En particulier deux classes $ overline {v}$ et $ overline {v'}$ sont égales ssi $ v$ et $ v'$ se trouvent dans la même région. Les éléments de $ V/R$ sont des ensembles de villes, deux villes étant regroupé dans un même ensemble ssi elles se trouvent dans la même région. On a donc une bijection

 

$displaystyle X/R stackrel{_sim}{rightarrow}{$régions de France$displaystyle }: , ; overline {v} mapsto$ la région où se trouve v$displaystyle . $

 

Il existe beaucoup de systèmes de représentants. Par exemple, l'ensemble $ V_0$ formé des capitales des régions en est un. L'ensemble $ V_1$ formé des villes les plus éloignées de la capitale dans leur région en est un autre.

[2)] Dans le cas de l'exemple $ X={mbox{bf N}}times {mbox{bf N}}$ et de la relation $ R$ introduite ci-dessus on vérifie que $ (x,y) R (x',y')$ si et seulement si l'une des deux conditions suivantes est remplie

  • il existe $ din{mbox{bf N}}$ tel que $ x'=x+d$ et $ y'=y+d$
  • il existe $ din{mbox{bf N}}$ tel que $ x=x'+d$ et $ y=y'+d$.
Ainsi, deux éléments appartiennent à une même classe d'équivalence si on peut passer de l'un à l'autre en ajoutant un même entier naturel aux deux coordonnées. Les classes sont donc des `parties diagonales' du plan $ {mbox{bf N}}times{mbox{bf N}}$ :

 

includegraphics[width=10.0cm height=10.0cm]{classesNN.eps}

 

Il y a beaucoup de systèmes de représentants. Par exemple

 

$displaystyle X_0 = {0}times{mbox{bf N}}cup {mbox{bf N}}times{0} = { ldots, (0,3), (0,2), (0,1), (0,0), (1,0), (2,0), ldots } $

 

en est un. On définit l'ensemble $ {mbox{bf Z}}_{ax}$$ {mbox{bf Z}}$ axiomatique) comme étant l'ensemble quotient $ ({mbox{bf N}}times{mbox{bf N}}) / R$.

 

Lemme [Propriété universelle de $ X/R$] Soit $ X$ un ensemble, $ R$ une relation d'équivalence sur $ X$ et $ f:X rightarrow Y$ une application constante sur les classes d'équivalence par rapport à $ R$ (c'est-á-dire qu'on a $ f(x)=f(x')$ à chaque fois que $ x R x'$). Alors il existe une application $ g: X/R rightarrow Y$ et une seule telle que$ f=gcirc q$. Réciproquement, toute application de la forme $ gcirc q$ est constante sur les classes d'équivalence.

 

 


begin{picture}(14,8)(0,0) % multiput(0,0)(1,0){15}{ line(0,1){8}} % multi... ...3.5){makebox(0,0)[tl]{$ ;g $}} put(6,6.2){makebox(2,2){$ f $}} end{picture}

 

 

Remarque 3 Le lemme signifie que la règle $ g(overline {x})=f(x)$ définit une application $ g: X/R rightarrow Y$ si et seulement si on a $ f(x)=f(x')$ quels que soient $ x,x'in X$ vérifiant $ x R x'$.

 

 

 


Démonstration. On pose $ g(overline {x})=f(x)$. Il s'agit de vérifier que $ f(x)$ est indépendant du représantant $ x$ de la classe $ overline {x}$. Or si $ x'$ en est un autre, c'est-à-dire que$ overline {x}=overline {x'}$, alors par définition, on a $ x R x'$ et donc $ f(x)=f(x')$$ surd$

 

 

Exemple 4 Il existe une application $ g: {mbox{bf Z}}_{ax} rightarrow {mbox{bf Z}}$ et une seule telle que $ g(overline {(x,y)})=x-y$. En effet, si $ (x,y) R (x',y')$ alors $ x+y'=y+x'$ et donc $ x-y=x'-y'$. L'application $ g$ est bijective : En effet, elle est surjective car si $ nin{mbox{bf Z}}$, on a $ n=g(overline {(n,0)})$ si $ ngeq 0$ et $ n=g(overline {(0,-n)})$ si $ n<0$. Elle est injective car si on a $ x-y=x'-y'$, alors $ x+y'=x'+y$ c'est-à-dire que $ (x,y) R (x',y')$ et que $ overline {(x,y)}=overline {(x',y')}$.

 

Lemme [Addition sur $ {mbox{bf Z}}_{ax}$] Il existe une application

 

$displaystyle {mbox{bf Z}}_{ax} times {mbox{bf Z}}_{ax} rightarrow {mbox{bf Z}}_{ax} $

 

et une seule telle que

 

$displaystyle overline {(a,b)} + overline {(c,d)} = overline {(a+c, b+d)}. $

 

 

 


Démonstration. Il s'agit de montrer que $ overline {(a+c, b+d)}=overline {(a'+c', b'+d')}$ si $ (a,b) R (a',b')$ et $ (c,d) R (c',d')$. Nous laissons au lecteur le soin de cette vérification.$ surd$

Définition Un groupe est un couple $ (G, star)$ formé d'un ensemble $ G$ et d'une application

 

$displaystyle star : Gtimes G rightarrow G : , ;(g,h) mapsto gstar h $

 

appelée la loi du groupe telle que

a)
la loi $ star$ est associative (i.e. on a $ (xstar y)star z= xstar(ystar z)$ quels que soient $ x,y,zin G$)
b)
la loi $ star$ admet un élément neutre (i.e. il existe $ ein G$ tel que $ xstar e = estar x=x$ quel que soit $ xin G$)
c)
tout élément $ x$ de $ G$ admet un inverse $ x'$ pour la loi $ star$ (i.e. on a $ xstar x'= e = x'star x$)

Un groupe $ (G, star)$ est commutatif si on a $ xstar y = y star x$ quels que soient $ x,yin G$.

 

 

Exemple 5 [1)] Si les conditons a) et b) sont vérifiées, alors l'élément neutre $ e$ est unique. En effet, soient $ e$ et $ e'$ deux éléments neutres. Alors on a $ e=estar e'$ (car $ e'$est neutre) et $ estar e'=e'$ (car $ e$ est neutre) et donc $ e=e'$.

[2)] Si les conditions a), b) et c) sont vérifiées, l'élément inverse $ x'$ de la conditon c) est unique. En effet, supposons que $ x'$ et $ x''$ sont deux éléments inverses à $ x$. Alors on a

 

$displaystyle x'=x'star e=x'star(xstar x'')= (x'star x)star x'' = estar x''=x''. $

 

On note $ x^{-1}$ l'élement inverse de $ x$.

 

 

 

Exemple 6 [1)] Le couple $ ({mbox{bf N}}, +)$ vérifie a) et b) (pour $ e=0$) mais non pas c) car l'équation $ n+n'=0$ n'admet pas de solution $ n'in{mbox{bf N}}$ si $ n>0$.

[2)] Le couple $ ({mbox{bf Z}}_{ax}, +)$ est un groupe. En effet, on vérifie facilement l'associativité. L'élément neutre est la classe de $ (0,0)$. L'inverse de la classe de $ (a,b)$ est la classe de $ (b,a)$ ! En effet, nous avons

 

$displaystyle overline {(a,b)}+overline {(b,a)} = overline {(a+b, a+b)} = overline {(0,0)}. $

 

 

Lemme [Propriété universelle de $ {mbox{bf Z}}_{ax}$] Soit $ iota$ l'application

 

$displaystyle iota :{mbox{bf N}}rightarrow {mbox{bf Z}}_{ax}: , ;n rightarrow overline {(n,0)}. $

 

On a $ iota(n+n')=iota(n)+iota(n')$ et si $ phi : {mbox{bf N}}rightarrow G$ est une autre application de $ {mbox{bf N}}$ vers un groupe $ G$ telle que $ phi(n+n')=phi(n)star phi(n')$, alors il existe une application $ psi: {mbox{bf Z}}_{ax}rightarrow G$ et une seule telle que a) $ psicirc iota = phi$ et b) $ psi(x+x')=psi(x)star psi(x')$ quels que soient $ x,x'in {mbox{bf Z}}_{ax}$.

 

 

Remarque 7 On peut interpréter ce lemme en disant que $ {mbox{bf Z}}_{ax}$ (et donc $ {mbox{bf Z}}$) est le groupe universel contenant $ {mbox{bf N}}$.

 

 

 


Démonstration. Il est immédiat que $ iota$ est additive. Supposons donnée une application $ phi$ comme dans l'énoncé. Définissons $ f: {mbox{bf N}}times{mbox{bf N}}rightarrow G$ par$ f((a,b))=phi(a)starphi(b)^{-1}$. Montrons que $ f$ induit une application $ {mbox{bf Z}}_{ax}rightarrow G$, Supposons que $ (a,b) R (a',b')$ et donc que $ a+b'=b+a'$. Alors pour montrer que

 

$displaystyle phi(a)phi(b)^{-1} = phi(a') phi(b')^{-1} $

 

il suffit de montrer que

 

$displaystyle phi(a)phi(b)^{-1} phi(b) phi(b') = phi(a') phi(b')^{-1} phi(b) phi(b'). $

 

En utilisant que $ phi(b)phi(b')=phi(b+b')=phi(b')phi(b)$ nous sommes ramenés à montrer que

 

$displaystyle phi(a)phi(b')=phi(a')phi(b) $

 

ce qui est clair car $ phi(a)phi(b')=phi(a+b')$ et $ phi(a')phi(b)=phi(a'+b)$. Montrons l'unicité de $ psi$. En effet, si $ psi$ et $ psi'$ vérifient les hypothèses, nous avons

 

$displaystyle psi(overline {(n,0)})=psicirciota(n)= phi(n)=psi'circiota(n)= psi'(overline {(n,0)}). $

 

En outre, si $ x'=overline {(0,n)}$, alors $ psi(x')$ et $ psi'(x')$ sont tous les deux inverses de $ psi(x)=psi'(x)$ où $ x=overline {(n,0)}$. Donc $ psi(x')=psi'(x')$. Comme les $ (0,n)$ et les $ (n,0)$$ nin{mbox{bf N}}$, forment un système de représentants des classes d'équivalence par rapport à $ R$, il s'ensuit que $ psi=psi'$$ surd$

Source : http://www.les-mathematiques.net/b/a/d/node2.php3

Propriétés de l'intégrale de Riemann

Propriétés de l'intégrale de Riemann

Proposition Pour $ fin Ri ab$, on a

 

$displaystyle forall Xin S_{a,b}: s(f,X) le int_a^b f(x),rd x le S(f,X) ~. eqno{(sIS)} $

 

En particulier, on a

 

$displaystyle (b-a)inf f([a,b]) le int_a^b f(x),rd x le (b-a) sup f([a,b]) ~. eqno{(iIs)} $

 


Démonstration L'inégalité $ (sIS)$ est conséquence immédiate de la définition de $ s_a^b$ resp. $ S_a^b$. Pour montrer $ (iIs)$, il suffit de prendre $ X=set{a,b}$.

Théorème [de Chasles] Soit $ ale cle b$. Alors,

 

$displaystyle fin Ri ab iff lr(){~ fin Ri ac land fin Ri cb ~} $

 

et on a la relation de Chasles :

 

$displaystyle int_a^b f(x)dx = int_a^c f(x)dx + int_c^b f(x)dx ~. $

 


Démonstration Pour tout $ Xin S_{a,c},~Yin S_{c,b}$, on a évidemment $ Xcup Yin S_{a,b}$ et $ s(f,Xcup Y)=s(f,X)+s(f,Y)$. Ceci entraîne$ s_a^b(f)=s_a^c(f)+s_c^b(f)$. Le même s'applique à $ S_a^b(f)$. Ainsi l'intégrabilité sur $ [a,c]$ et $ [c,b]$ implique celle sur $ [a,b]$, et la relation de Chasles. Réciproquement, tout $ Zin S_{a,b}$ qui contient $ c$ se décompose en $ Xcup Y$ avec $ Xin S_{a,c},~Yin S_{c,b}$, et on a les mêmes relations pour les sommes de Darboux. Pour passer à $ s_a^b(f)$ et $ S_a^b(f)$, on peut toujours supposer $ cin Z$, quitte à l'ajouter, sans perte de généralité. On en déduit le théorème. (Exercice: détailler cette démonstration.)

Définition Pour $ b<a$, on définit

 

$displaystyle int_a^b f(x)dx = -int_b^a f(x)dx ~, $

 

et pour $ b=a$$ int_a^af(x)dx=0$

Remarque Avec ces conventions, la relation de Chasles est valable quel que soit l'ordre de $ a,b,c$ (par exemple aussi pour $ a<b<c$). C'est en effet la principale motivation pour ces définitions, ce qui laisse deviner l'utilité et importance de cette relation dans les applications. 
Il convient d'être très vigilant concernant cette généralisation lorsqu'on utilise des inégalités (telles que celles de la Prop. [*]), qui ne sont généralement valables que pour$ a<b$.

Proposition $ Ri ab$ est un sous-espace vectoriel du $ R$-espace vectoriel $ R^{[a,b]}$ des fonctions de $ [a,b]$ dans $ R$, et $ I: Ri abtoR$$ fmapstoint_a^bf(x)dx$ est une forme linéaire sur $ Ri ab$. Autrement dit, $ oin Ri ab$ et surtout

 

$displaystyle forall f,gin Ri ab,, forall a,binR: a,f + b,gin Ri ab $

 

et

 

$displaystyle int_a^bp{a,f(x)+b,g(x)}dx = aint_a^b f(x)dx + bint_a^b g(x)dx ~. $

 


Démonstration Les sommes de Darboux ne sont pas linéaires (car $ sup$ et $ inf$ ne sont pas additives). Passons donc par les sommes de Riemann, dont la linéarité,$ S(a f+b g,X,xi)=a S(f,X,xi)+ b S(g,X,xi)$, est évidente, ce qui donne, par passage à la limite $ vert Xvertto0$, le résultat souhaité. (Exercice: détailler ceci...)

Proposition Pour $ f,gin Ri ab$, ($ a<b$), on a:

$displaystyle f ge 0$ $displaystyle impl$ $displaystyle int_a^b f(x)dx ge 0 ~,$ (1)
$displaystyle f le g$ $displaystyle impl$ $displaystyle int_a^b f(x)dx le int_a^b g(x)dx ~,$ (2)
$displaystyle vert fvertin Ri ab$ et $displaystyle lrvertvert{int_a^b f(x)dx} le int_a^b vert f(x)vert dx ~.$ (3)

 


Démonstration (1): $ fge0impl s(f,X)ge0$ et $ s(f,X)leint_a^b f(x)dx$
(2): $ gge fimpl g-fge0stackrel{(1)}implint(g-f)ge0 stackrel{(lin)}implint ggeint f$

(3): on a $ -vert fvertle f le vert fvert$, avec le (2) donc $ int fleintvert fvert$ et $ -int fleintvert fvert$.

Remarque La réciproque du (1) est évidemment fausse, $ int fge0$ n'implique pas $ fge0$. (Contre-exemple: $ sin x$ sur $ [-pi,pi]$.)

Remarque Dans le cas $ forall fin Ri ab$$ fge0$, on a que $ int_a^b f(x)dx$ est l'aire de l'épigraphe

 

% latex2html id marker 4180 $displaystyle E = set{, (x,y)inR^2 mid xin[a,b] text{ et } 0le yle f(x) ,} ~. $

 

Théorème [de la moyenne] Soit $ fin CC([a,b])$ (fonction continue de $ [a,b]toR$). Alors

 

% latex2html id marker 4186 $displaystyle exists cin[a,b]:underbrace{ frac1{b-a}int_a^b f(x)dx }_{text{moyenne de $f$ sur $[a,b]$}} = f(c) $

 

Démonstration $ f$ étant continue, on a

 

% latex2html id marker 4190 $displaystyle exists x_i,x_sin[a,b]: f(x_i)=inf f([a,b]), f(x_s)=sup f([a,b]) ~. $

 

D'après l'éq. $ (iIs)$,

 

$displaystyle f(x_i) le frac1{b-a} int_a^b f(x)dx le f(x_s) ~. $

 

D'après le thm. des valeurs intermédiaires appliqué à $ f$ (continue) entre $ x_i$ et $ x_s$, on a % latex2html id marker 4202 $ exists cinlr][{x_i,x_s}$ (ou $ lr][{x_s,x_i}$) tel que

 

$displaystyle f(c) = frac1{b-a} int_a^b f(x)dx ~. $

Intégrale de Riemann

Intégrale de Riemann

Le programme ne précise pas si la définition de l'intégrale de Riemann doit figurer dans le cours. Certains collègues commencent ce cours directement avec la définition de la primitive d'une fonction, et $ int_a^b f(x)dx : = F(b)-F(a)$ Ainsi, le théorème fondamental de l'analyse, qui établit le lien entre l'intégration et la dérivation, devient trivial.

A mon avis, ce cours est quand même l'occasion ou jamais de définir l'intégrale de Riemann. Même si on passe sur les détails, on peut donner les trois définitions de ce premier chapitre et évoquer l'interprétation géométrique qui est très liée à la définition des sommes de Darboux.

 

Subdivisions et sommes de Darboux

Définition Une subdivision d'ordre $ n$ d'un intervalle $ [a,b]$ est une partie finie $ X={x_0,x_1,dots,x_n}subset[a,b]$ telle que

 

$displaystyle a=x_0<x_1<dots<x_{n-1}<x_n=b ~. $

 

On notera $ S_{a,b}$ l'ensemble des subdivisions de $ [a,b]$

Exemple [subdivision équidistante] Lorsque $ x_i= a+i,h$ avec $ h=frac{b-a}n$, on parle de la subdivision équidistante d'ordre $ n$ de $ [a,b]$; on la note parfois $ {[a,b]}_n$. Le nombre $ h$ est le pas (uniforme) de cette subdivision.

Définition La somme de Darboux inférieure resp. supérieure de $ f:[a,b]toR$ relativement à une subdivision $ X={x_0,dots,x_n}$ sont définies par

 

$displaystyle s(f,X) := sum_{i=1}^n h_i, inf f(I_i)$ resp. $displaystyle S(f,X) := sum_{i=1}^n h_i, sup f(I_i) ~,$

 

où $ h_i=x_i-x_{i-1}$ est la longueur du $ i^e$ sous-intervalle $ I_i=[x_{i-1},x_i]$

Les sommes de Darboux sont des réels bien définis ssi la fonction $ f$ est bornée, % latex2html id marker 3586 $ exists MinR:f([a,b])subset[-M,M]$.

Sauf mention du contraire, dans tout ce qui suit, les fonctions considérées seront toujours bornées sur l'intervalle en question, sans que celà soit nécessairement dit explicitement.

Remarque Etudier l'interprétation géométrique des sommes de Darboux comme aire des rectangles de base $ [x_{i-1},x_i]$, encadrant l'épigraphe de $ f$ de en-dessous resp. au-dessus.

 

 

includegraphics[width=10.0cm,height=8.0cm]{A1.eps}

 

Exercice Montrer qu'en ajoutant un point $ x_*$ (entre $ x_{i-1}$ et $ x_i$) à $ X$, la somme de Darboux inférieure (resp. supérieure) croît (resp. décroît). En déduire qu'on a

 

$displaystyle forall X,Yin S_{a,b} : Xsubset Y impl s(f,X)le s(f,Y)$ et $displaystyle S(f,X)ge S(f,Y) ~.$

 

Utiliser le résultat précédent et la subdivision $ Z=Xcup Y$ pour montrer que

 

$displaystyle forall X,Yin S_{a,b} : s(f,X)le S(f,Y) ~.$

 

Solution $ s(f,X)le s(f,Z)le S(f,Z)le S(f,Y)$.

Remarque Lorsque $ Xsubset Y$ pour $ X,Yin S_{a,b}$, on dit que $ Y$ est plus fine que $ X$. (C'est une relation d'ordre partiel sur $ S_{a,b}$.)

 

Fonctions Riemann-intégrables, intégrale de Riemann

Définition La fonction $ f$ est Riemann-intégrable sur $ [a,b]$ ssi les deux nombres

 

$displaystyle s_a^b(f) := sup_{Xin S_{a,b}} s(f,X) ~,~~ S_a^b(f) := inf_{Xin S_{a,b}} S(f,X) ~.$

 

coïncident ; ce nombre est alors appellé l'intégrale de Riemann de $ f$ sur $ [a,b]$ (ou de $ a$ à $ b$), et noté $ int_a^b f(x)dx$
L'ensemble des fonctions Riemann-intégrables sur $ [a,b]$ est noté $ Ri ab$

Remarque L'existence de $ s_a^b(f)$ et $ S_a^b(f)$ est évidente: il suffit de constater que les ensembles $ set{s(f,X);Xin S_{a,b}}$ et $ set{S(f,X);Xin S_{a,b}}$ sont non-vides (prendre $ set{a,b}in S_{a,b}$) et majorés resp. minorés d'après l'exercice précédent. On peut aussi montrer que $ s_a^b(f)$ et $ S_a^b(f)$ sont atteints lorsque le pas de la subdivision, $ vert Xvert=maxvert x_i-x_{i-1}vert$ tend vers zéro. La taille de ce pas induit la structure d'une base de filtre sur $ S_{a,b}$, permettant de considérer la limite de $ s(f,X)$et $ S(f,X)$ en $ X$.

Remarque Revenir sur l'interprétation géométrique de $ s_a^b(f)$ et $ S_a^b(f)$, en considérant la limite de subdivisions de plus en plus fines.

Remarque La ``variable d'intégration'' $ x$ dans $ int_a^b f(x)dx$ est une ``variable muette'', elle peut être remplacée par n'importe quelle autre variable (qui n'intervient pas déjà ailleurs dans la même formule).

Donnons encore une propsition d'ordre plutôt technique, avant d'énoncer une condition d'intégrabilité suffisante dans tous les cas que nous allons rencontrer.

Proposition (Critère d'intégrabilité de Riemann.) Une fonction $ f$ est Riemann-intégrable sur $ [a,b]$ ssi pour tout $ e>0$ il existe une subdivision $ Xin S_{a,b}$ telle que$ S(f,X)-s(f,X)<e$.

Démonstration Par déf. de $ s_a^b(f)$ et $ S_a^b(f)$% latex2html id marker 3726 $ forallveps>0,~ exists X',X''in S_{a,b}: S(f,X')-S_a^b(f)<veps/2$ et $ s_a^b(f)-s(f,X'') < veps/2$. Avec $ X=X'cup X''$, il vient que $ S(f,X)-s(f,X) < S(f,X')-s(f,X'') < veps + S_a^b(f)-s_a^b(f)$. Donc si $ fin Ri abiff S_a^b(f) = s_a^b(f)$, on a la subdivision souhaitée. Réciproquement, si une telle subdivision existe pour tout $ e>0$, alors $ S_a^b$ et $ s_a^b$ coïncident évidemment.

Théorème Toute fonction monotone ou continue sur un intervalle $ [a,b]$ est Riemann-intégrable.

Démonstration Si $ f$ est monotone, le $ sup$ et $ inf$ est atteint au bord de chaque sous-intervalle $ I_i$. On a donc% latex2html id marker 3752 $ S(f,X)-s(f,X)=sum h_i,vert f(x_i)-f(x_{i-1})ve... ...vert sumvert f(x_i)-f(x_{i-1})vert=vert Xvert{text ·}vert f(b)-f(a)vert$. Il suffit donc de choisir le pas de la subdivision assez petit, $ vert Xvert<veps/vert f(b)-f(a)vert$, pour que ceci soit inférieur à un $ veps$ donné, d'où l'intégrabilité d'après le critère de Riemann. 
Pour une fonction continue, la démonstration est admise dans le cadre de ce cours. A titre indicatif: $ vert f(x_i)-f(x_{i-1})vert$ est à remplacer par $ f(xi_i^{sup})-f(xi_i^{inf})$, où$ xi_i^{sup}, xi_i^{inf}$ sont les points de l'intervalle fermé et borné $ I_i$ en lesquels la fonction continue $ f$ atteint son maximum et minimum. On utilise maintenant le fait qu'une fonction continue sur $ [a,b]subsetR$ y est uniformément continue, pour $ veps>0$ donné il existe $ eta>0$ (indépendant du point $ x$) tel que$ vert x-yvert<etaimpl vert f(x)-f(y)vert<veps$. Donc, pour $ vert Xvert<eta$, on a % latex2html id marker 3780 $ S(f,X)-s(f,X)<eta{text ·}n{text ·}veps$. Ceci devient aussi petit que voulu, car on peut prendre des subdivisions équidistantes pour lesquelles $ n=(b-a)/vert Xvertsim(b-a)/eta$, il suffit donc de prendre $ veps$ assez petit. 
Pour montrer qu'une fonction continue est uniformément continue sur un intervalle borné $ [a,b]$, on peut utiliser que l'ensemble des boules ouvertes $ B_eta(x)$ telles que$ yin B_eta(x)impl f(y)in B_veps(f(x))$, est un recouvrement ouvert de $ [a,b]$, dont on peut extraire un recouvrement fini d'après le théorème de Heine-Borel. Le minimum de ces $ eta$ correspond au $ eta$ de l'uniforme continuité (au pire pour $ 2veps$ au lieu de $ veps$). 
(Pour une démonstration du théorème de Heine-Borel, voir ailleurs...)

Corollaire De même, une fonction (bornée!) continue sauf en un nombre fini de points, ou monotone sur chaque sous-intervalle d'une partition finie de $ [a,b]$, est Riemann-intégrable. (On peut en effet utiliser l'additivité des sommes de Darboux$ s(f,Xcup Y)=s(f,X)+s(f,Y)$ pour $ Xin S_{a,c},~Yin S_{c,b}$ qui entraîne celle de $ s_a^b(f)$ et de même pour $ S_a^b(f)$.)

Remarque [fonction de Dirichlet] La fonction de Dirichlet,

 

$displaystyle {chi}_Q(x) = CASES{ 1 & xinQ 0 & xnotinQ} $

 

n'est pas Riemann-intégrable, car on a

 

$displaystyle forall Xin S_{a,b}:~ s(f,X)=0 ~,~~ S(f,X)=b-a ~. $

 

En effet, sur chaque $ I=[x_{i-1},x_i]$ il existe un point irrationnel, donc $ inf_If=0$, mais aussi un point rationnel, d'où $ sup_If=1$. Ainsi $ s(f,X)=0$ et $ S(f,X)$est somme des longeurs des sous-intervalles et donc égale à $ b-a$.

Remarque Le pas uniforme des subdivisions équidistantes simplifie beaucoup l'expression des sommes de Darboux (exercice!). 
On peut montrer que pour $ fin Ri ab$, on a

 

$displaystyle int_a^b f(x),rd x$ $displaystyle = lim_{ntoinfty} s(f,[a,b]_n) = lim_{ntoinfty} S(f,[a,b]_n)$

 

La réciproque est vraie si $ f$ est continue.

 

Sommes de Riemann

Les sommes de Darboux ne sont pas très utiles pour le calcul effectif d'une intégrale, par exemple à l'aide d'un ordinateur, car il est en général assez difficile de trouver les inf et sup sur les sous-intervalles. On considère plutôt

 

$displaystyle s_n(f)=SUM i1n (x_i-x_{i-1}), f(x_{i-1})$ ou $displaystyle S_n(f)=SUM i1n (x_i-x_{i-1}), f(x_i) ~. $

 

Plus généralement:

Définition Si $ xi=(xi_1,...,xi_n)$ vérifie $ forall iinset{1,...,n}, xi_iin[x_{i-1},x_i]$, on appelle $ (X,xi)$ une subdivision pointée et

 

$displaystyle S(f,X,xi)=SUM i1n (x_i-x_{i-1}), f(xi_i) $

 

la somme de Riemann associée à la subdivision pointée $ (X,xi)$. Si on pose de plus $ Delta x_i=x_i-x_{i-1}$, on a

 

$displaystyle S(f,X,xi)=SUM i1n f(xi_i),Delta x_i ~, $

 

c'est de là que vient la notation $ int f(x)dx$

Théorème Si $ fin Ri ab$, alors les sommes de Riemann $ S(f,X,xi)$ tendent vers $ int f(x)dx$, independamment du choix des $ xi_i$, lorsque la subdivision devient de plus en plus fine.

Démonstration Par définition, il est évident que $ s(f,X)le S(f,X,xi)le S(f,X)$. Soit $ fin Ri ab$ et $ X$ tel que $ S(f,X)-s(f,X)<veps$. Alors on a aussi$ S(f,X,xi)-s_a^b<veps$, quel que soit le choix des $ xi_i$, et a fortiori pour tout $ X'supset X$. D'où le résultat.

Si $ f$ est continue, $ f$ atteint son minimum et maximum sur chaque $ [x_{i_1},x_i]$ en un certain $ xi_i^{min}$ et $ xi_i^{max}$. On obtient donc les sommes de Darboux comme cas particulier des sommes de Riemann, en associant à chaque $ X$ des points $ xi^{min},~xi^{max}$ tels que $ s(f,X)=S(f,X,xi^{min}),~ S(f,X)=S(f,X,xi^{max})$.

En particulier, lorsque la fonction est monotone, par exemple croissante, sur un sous-intervalle $ I_i$, alors $ xi_i^{min}=x_{i-1}$ et $ xi_i^{max}=x_i$. Les sommes de Riemann $ s_n$ et $ S_n$ données en début de ce paragraphe coïncident donc avec les sommes de Darboux inférieure et supérieure pour une fonction croissante.

 

Source : http://www.les-mathematiques.net/a/d/a/node2.php3#SECTION...

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