Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/11/2010

Nombre de Liouville

Nombre de Liouville

En mathématiques, et plus précisément en théorie des nombres, un nombre de Liouville est un nombre réel x avec la propriété suivante : pour tout nombre entier positif n, il existe des entiers p et q avec q > 1, et tels que

0 < |x - frac{p}{q}| < frac{1}{q^n},.

Un nombre de Liouville peut ainsi être approché « de manière très fine » par une suite de nombres rationnels. En 1844, Joseph Liouville montra que tous les nombres vérifiant l'inégalité ci-dessus sont transcendants, établissant ainsi pour la première fois l'existence de tels nombres.

Sommaire

 [masquer]

Irrationalité des nombres de Liouville [modifier]

Remarquons d'abord que si x est un nombre de Liouville, pour tout nombre entier positif n, il existe alors un nombre infini de paires d'entiers (p,q) obéissant à l'inégalité ci-dessus : il suffit en effet de prendre des couples (p,q) associés à des entiers m égaux à kn , ils fournissent k couples (pq^{i-1}, q^i)_{iin {1,cdots, k}} associés à n car

0 < |x - frac{pq^{i-1}}{q^i}|= |x - frac{p}{q}|< frac{1}{q^m}, leq frac{1}{(q^i)^n},.


Il est relativement facile de démontrer que si x est un nombre de Liouville, alors x est un nombre irrationnel. Supposons le contraire ; alors il existe des entiers cd avec x = frac{c}{d},. Soit nun entier positif tel que 2^{n-1} > d,. Alors, il existerait deux entiers p et q tels que

0 < |x - frac{p}{q}| < frac{1}{q^n},.

La première partie de l'inégalité prouve que frac{p}{q} ne frac{c}{d},, donc

|x - frac{p}{q}| = |frac{c}{d} - frac{p}{q}| ge frac{1}{dq} > frac{1}{2^{n-1} q} ge frac{1}{q^n},

ce qui contredit la définition .

Constante de Liouville [modifier]

La constante de Liouville est le réel défini par

 c = sum_{j=1}^infty 10^{-j!} = 0,110001000000000000000001000....


La constante de Liouville est un nombre de Liouville ; si nous définissons p_n, et q_n, comme suit :

p_n = sum_{j=1}^n 10^{(n! - j!)}; quad q_n = 10^{n!}

alors, pour tous les entiers positifs n, nous avons

|c - p_n/q_n| = sum_{j=n+1}^infty 10^{-j!} = 10^{-(n+1)!} + 10^{-(n+2)!} + cdots < 10^{-(n!n)} = 1/{q_n}^n

La constante de Liouville est le premier exemple de nombre réel dont on a prouvé la transcendance. La fraction continue est l'outil auquel pense Liouville pour construire des nombres de Liouville et donc transcendants. L'article associé présente un autre exemple de cette nature, illustrant la méthode préconisée par le mathématicien.

Mesure irrationnelle d'un réel [modifier]

La mesure irrationnelle d'un nombre réel x mesure la manière d'approcher un nombre par des rationnels. À la place de n'importe quel n permis pour la puissance de q, nous trouvons la borne supérieure de l'ensemble de nombres réels mu, tels que la propriété

0 < |x - frac{p}{q}| < frac{1}{q^{mu}},

soit satisfaite par un nombre infini de paires d'entiers (pq) avec q > 0. Pour toute valeur mu, inférieure à cette borne supérieure, l'ensemble de tous les rationnels frac{p}{q}, satisfaisant l'inégalité ci-dessus est une approximation fine de x; réciproquement, si mu, est plus grand que la borne supérieure, alors il n'existe pas de telles suites qui convergent finement vers x.

Les nombres de Liouville sont précisément les nombres ayant une mesure irrationnelle infinie.

Transcendance des nombres de Liouville [modifier]

En 1844Joseph Liouville montra que les nombres avec cette propriété ne sont pas seulement irrationnels, mais sont toujours transcendants (voir la démonstration ci-dessous). Il utilisa ce résultat pour fournir le premier exemple explicite de nombre transcendant : la constante de Liouville définie plus haut.

En revanche, bien que chaque nombre de Liouville soit transcendant, tout nombre transcendant n'est pas un nombre de Liouville. Il a été démontré que pi, est transcendant, mais pas un nombre de Liouville.

La démonstration procède en établissant premièrement la propriété des nombres algébriques irrationnels. Cette propriété dit essentiellement que les nombres algébriques irrationnels ne peuvent pas être approchés correctement par les nombres rationnels. Un nombre de Liouville est irrationnel mais n'a pas cette propriété, donc il ne peut pas être algébrique et doit être transcendant. Le lemme suivant est connu habituellement comme le théorème de Liouville sur l'approximation diophantienne, car il existe plusieurs autres résultats connus comme théorèmes de Liouville.

Lemme : Si alpha, est un nombre irrationnel qui est la racine d'un polynôme f de degré n > 1 à coefficients entiers, alors il existe un nombre réel A > 0 tel que, pour tous les entiers pq, avec q > 0,

|alpha - frac{p}{q}| > frac{A}{q^n},.

Démonstration de l'assertion [modifier]

Comme conséquence de ce lemme, soit x un nombre de Liouville ; comme noté dans le texte de l'article, x est alors irrationnel. Si x est algébrique, alors par le lemme, il existe un certain entier n et un certain réel positif A tel que pour tous les pq

|x - frac{p}{q}| > frac{A}{q^n},.

Soit r un entier positif tel que frac{1}{(2^r)} le A,. Soit m = r + n, alors, puisque x est un nombre de Liouville, il existe des entiers ab > 1 tel que

|x - frac{a}{b}| < frac{1}{b^m} = frac{1}{b^{r+n}} = frac{1}{(b^r b^n)} le frac{1}{(2^r b^n)} le frac{A}{b^n} ,

ce qui contredit le lemme ; par conséquent x n'est pas algébrique, et est ainsi transcendant.

Théorème d'Erdös [modifier]

Paul Erdös a démontré1 en 1962 que tout nombre réel pouvait s'écrire comme somme et comme produit de deux nombres de Liouville.

Annexes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1.  Une démonstration de ce théorème est accessible dans le projet Euclide ici [archive]

Voir aussi [modifier]

Lien externe [modifier]

13:57 Publié dans Nombre de Liouville | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook